Article mis en ligne le 04/11/2016.

S'exposer au soleil avec certains écrans solaires exposerait à des doses d'UV plus fortes qu'en cabine

 Au soleil, l’exposition aux UV est parfois plus forte qu’on ne croit.


 Ce travail original a cherché à comparer la quantité totale d’ultraviolets (UV) que reçoit une personne qui prend des bains de soleil pendant ses vacances (un séjour typique de 2 semaines avec bains de soleil sans jamais attraper de coup de soleil) avec la quantité totale d’UV reçue par une personne qui pratique une série de 10 séances en cabines UV.
Les auteurs (un chercheur anglais de l’Institute of Cellular Medicine et deux chercheurs de BASF Allemagne) ont utilisé un système de modélisation par calcul à partir de données sur les UV solaires, sur les différentes protections fournies par les écrans solaires et sur les émissions UV des cabines de bronzage.

Leur conclusion est qu’un vacancier qui prend des bains de soleil - en utilisant une crème protectrice solaire et sans jamais attraper de coup de soleil - pendant deux semaines avec un écran solaire qui ne serait pas parfaitement protecteur à large spectre, reçoit en réalité sur sa peau davantage d’UV qu’une personne faisant une série classique de 10 séances en cabine UV.

Même si cette étude reste théorique, elle met en avant le fait que les crèmes solaires ne sont pas des écrans parfaits et que si elles protègent en partie de certains rayons responsables du coup de soleil elles en laissent passer d’autres. Et, comme le signal d’alarme du coup de soleil n’est plus perçu par la personne, celle-ci a tendance à rester plus longtemps sur la plage et à exposer sans le savoir sa peau à un excès de rayonnements UV. Les auteurs ont utilisé la comparaison avec les cabines UV où l’exposition se fait lors de séances de durée limitée et sans utiliser aucun écran solaire.

 

Ce travail démontre encore une fois que les crèmes solaires ne doivent être utilisées que pour se protéger du soleil quand d’autres moyens (vêtements, parasol, ombre, évitement des heures chaudes,…) ne sont pas suffisants ou pas possibles, mais en aucun cas pour s’exposer plus longtemps en se croyant à tort « protégé » par l’absence de coup de soleil.

 

Référence :
Diffey BL, Osterwalder U, Herzog B. Suntanning with sunscreens: a comparison with sunbed tanning. Photodermatology, photoimmunology & photomedicine. 2015;31(6):307-14.
https://dx.doi.org/10.1111/phpp.12190