Article mis en ligne le 30/07/2012.

L'exposition aux UV diminue le risque de cancer

Une nouvelle étude de l’institut national du cancer américain confirme l’intérêt de l’exposition aux UV et l’urgence de la révision des messages de prévention solaire.


 

Une très vaste étude américaine vient de démontrer que l’exposition aux UV diminue le risque de cancer.

Des milliers d’études scientifiques indiquent depuis 20 ans que l’exposition au soleil, et en particulier à ses UVB, semble avoir des effets positifs majeurs sur la santé. Maladies cardio-vasculaires, diabète, maladies osseuses, cancers, sclérose en plaques, dépression, hypertension, troubles de la vision, infections, etc., toutes ces pathologies semblent fondre au soleil. Toutes les cartes géographiques confirment sans aucune exception qu’on meurt davantage de cancers dans les régions à faible ensoleillement.
Ce n’est donc pas un hasard si le National Cancer Institute (institut national du cancer) américain investit dans des recherches sur les bienfaits des UV solaires.
C’est ainsi qu’a été menée la plus vaste étude de ce type, sur plus de 450 000 personnes, associant des données satellites de la NASA concernant l’exposition effective aux UV et le recensement des lieux de vie de ces personnes, suivies pendant près de 10 ans.
 

Les résultats confirment que le ratio bénéfice / risque de l’exposition aux UVB est très largement en faveur de l’exposition :

 
Cancer dont le risque est augmenté par les UV :
-       mélanome : risque augmenté de 22 % (HR = 1.22, 95% CI = 1.13-1.32; p-trend < 0.001)
 
Cancers dont le risque est diminué par les UV :
-       lymphome  non-Hodgkinien : risque diminué de 18 % (HR = 0.82, 95% CI = 0.74-0.92)
-       cancer du colon : risque diminué de 12 %  (HR = 0.88, 95% CI = 0.82-0.96),
-       cancer du poumon : risque diminué de 14 %  (HR = 0.86, 95% CI = 0.75-0.98)
-       cancer de la plèvre : risque diminué de 5 % (HR = 0.57, 95% CI = 0.38-0.84),
-       cancer de la prostate : risque diminué de 9 %  (HR = 0.91, 95% CI = 0.88-0.95)
-       cancer du rein : risque diminué de 17 % (HR = 0.83, 95% CI = 0.73-0.94)
-       cancer de la vessie : risque diminué de 12% (HR = 0.88, 95% CI = 0.81-0.96)
(tous les p-trend < 0.05)
 
Les résultats montrent que d’autres cancers sont également moins fréquents chez les personnes recevant le plus d’UV : cancer de la thyroïde, cancer du pancréas,…
 
Bien sûr, derrière ces pourcentages l’écart en nombre de vies potentiellement épargnées est très impressionnant puisque que le seul type de cancer dont le risque augmente est le mélanome (il touche environ 8 000 personnes en France chaque année) tandis que les cancers dont le risque diminue concernent environ 40 fois plus de personnes (à titre d’exemple le cancer du poumon touche chaque année 70 000 personnes, le cancer du colon ou de la prostate 40 000 personnes).
 

L’institut national du cancer américain conclut que ces résultats viennent s’ajouter aux données des études précédentes et que l’exposition aux UV est à l’évidence liée à une diminution du risque de cancer.

 

L’exposition au soleil doit faire partie d’une bonne hygiène de vie

 
Il est confirmé que, en dehors des personnes à risque vis à vis du mélanome, l’exposition au soleil est un facteur clé d’une bonne santé et doit impérativement faire partie des recommandations officielles, au même titre que de manger des fruits et légumes, avoir une activité physique et ne pas fumer.
 

Les messages antisolaires font peser un risque majeur à la population

 
L’acharnement de quelques scientifiques à ne vouloir parler que des effets néfastes du soleil, sans jamais rappeler que les effets positifs sont très largement plus importants, pose aujourd’hui un véritable problème de santé publique. Cette information tronquée entraîne en effet deux risques pour la santé publique :
 
-       Le risque que le grand public se lasse de ces effets d’annonce trop caricaturaux, répétitifs et alarmistes.
Qui peut raisonnablement croire qu’il court un risque mortel à chaque rayon de soleil et doit exclure le soleil de sa vie ? A force de crier au loup on perd toute crédibilité. Pour s’en convaincre, il suffit de constater le manque d’efficacité des campagnes de « prévention » du mélanome menées depuis 20 ans. Si l’objet est la prévention du mélanome, il serait de loin plus efficace d’informer sur les facteurs de risque et de cibler les messages de prévention sur les personnes les plus concernées. Il convient que les pouvoirs publics s’interrogent sur la pertinence d’un dépistage systématique régulier : un simple examen dermatologique permet à la fois le diagnostic et le traitement définitif si le mélanome est dépisté à temps.
 
-       Le deuxième risque est, hélas, infiniment plus grave du point de vue de la santé publique et du respect du serment d’hypocrate (« primum non nocere ») : augmenter le nombre de cancers en France en incitant le public à moins s’exposer au soleil.
En effet, si on en juge par la production de vitamine D solaire, 80 % des français souffrent déjà d’une insuffisance chronique d’exposition au soleil ! Dans ces conditions, multiplier les messages antisolaires ne peut que conduire à une aggravation de la situation. On parle alors sans doute de dizaines de milliers de cas de cancers supplémentaires que pourraient induire ces messages anti-solaires s’ils étaient suivis à la lettre.
 
Les informations du National Cancer Institute sont graves. Les antisolaires doivent rapidement revoir leur copie, s’ils ne veulent pas passer dans quelques années pour des irresponsables. Ils doivent se mettre à jour de la littérature scientifique. Ils sauront ainsi que recommander de se cacher du soleil fait très peu de bien et énormément de mal. Le vrai scandale sanitaire du soleil et des UV est entrain d’exploser, et ça n'est pas le mélanome, aussi grave soit cette maladie.
 
Mais, pour terminer sur une note plus légère, la grande leçon de l’histoire, c’est que la nature est bien faite. Le soleil nous fait du bien au moral et au corps, c’est ce que nous ressentons à chaque fois que nous nous exposons. Notre joyeuse appétence au soleil et à ses UV (que certains scientifiques n’ayant pas le sens du ridicule appellent « addiction ») trouve là une explication positive et naturelle.
Notre peau est le magnifique résultat de l’évolution de la vie sur terre, c'est à dire sous le soleil. Cette évolution lui a permis de s’adapter au mieux aux conditions solaires pour le bénéfice de l’ensemble de la machine humaine qu’elle protège. Elle l’alimente en vitamine D et elle la protège par le bronzage.
 

Darwin avait raison, non seulement l’humanité s’est adaptée à vivre sous le soleil, mais elle en a fait un de ses plus précieux alliés pour sa santé.

 
 
 Référence :
Lin SW, Wheeler DC, Park Y, Cahoon EK, Hollenbeck AR, Freedman DM, Abnet CC. Prospective study of ultraviolet radiation exposure and risk of cancer in the United States. Int J Cancer. 2012 Sep 15;131(6):E1015-23.