Article mis en ligne le 16/10/2012.

Un manque de vitamine D solaire est associé à un risque accru de maladies cardiaques, d'infarctus et de mort prématurée

Une vaste étude épidémiologique a montré que les risques de maladie cardiaque, de crise cardiaque, et de mort prématurée augmentent si les taux sanguins de vitamine D baissent (concentration plasmatique de 25-hydroxyvitamine D). Cette étude a porté sur plus de 10.000 femmes et hommes de la population générale danoise, ne consommant aucun aliment artificiellement enrichi en vitamine D. Ces personnes ont été suivies pendant 29 ans, et durant cette période 3 100 personnes ontdéveloppé une maladie cardiaque ischémique, 1 625 ont eu des crises cardiaques, et 6 747 personnes sont décédées.


 

Référence :

Brøndum-Jacobsen P, Benn M, Jensen GB, et al. 25-hydroxyvitamin D levels and risk of IHD, MI and early death. Population based study and meta-analyses of 18 and 17 studies.Aterioscler Thromb Vasc Biol 2012; DOI:10.1161/ATVBAHA.112.248039. Available at: http://atvb.ahajournals.org.

 

Résumé (traduction)

Objectif

Nous avons testé l'hypothèse selon laquelle un taux plasmatique bas de 25-hydroxyvitamine D est associé à un risque accru de maladie cardiaque ischémique, d’infarctus du myocarde et de décès prématuré.

Méthodes et résultats

Nous avons mesuré les taux plasmatique de 25-hydroxyvitamine D chez 10 170 femmes et hommes de la population générale danoise ne consommant pas d’aliments enrichis en vitamine D. Pendant les 29 ans de suivi, 3 100 personnes ont développé une maladie cardiaque ischémique, 1 625 un infarctus du myocarde et 6 747 sont décédées. La diminution de la 25-hydroxyvitamine D plasmatique était associée à un risque accru de maladie cardiaque ischémique, d’infarctus du myocarde et de décès prématuré et étaient fonction des catégories percentile ajustées à lasaison (P pour la tendance, 2x10-5 – 3x10-53). En comparant les individus ayant une 25-hydroxyvitamine D plasmatique au 1ème-4ème percentile avec des personnes ayant les niveaux de la 50e à la 100e percentile, le risque multivarié ajusté a augmenté de 40% (IC 95%, 14% -72%) pour les cardiopathies ischémiques , de 64% (25% -114%) pour l'infarctus du myocarde, de 57% (38% -78%) en cas de décèsprécoce, et de 81% (40% -135%) pour les maladies cardiaques mortelles / infarctus du myocarde ischémique. Dans les méta-analyses de 18 et 17 études, le risque de cardiopathie ischémique et de décès prématurés ont été augmentés de 39% (25% -54%) et 46% (31% -64%) pour les plus bas quartile versus le plus élevé de 25-hydroxyvitamine D.

Conclusion

Nous avons observé un risque croissant de maladies cardiaques ischémiques, d'infarctus du myocarde et de décès prématuré avec la diminution du taux de 25-hydroxyvitamine D plasmatique. Ces conclusions ont été confirmées dans les méta-analyses.

 

Commentaire de l’IFSS

Cette étude confirme que des taux trop bas de vitamine D solaire (le soleil représente 90 % de nos apports en vitamine D) sont associées à un risque accru de maladies cardio-vasculaires.

Dans un article publié sur theheart.org (http://www.theheart.org/article/1451199.do), l’auteur, le Dr Peter Brøndum-Jacobsen (Copenhagen University Hospital, Denmark), précise :

 

« Le moyen le moins cher et le plus facile d’obtenir suffisamment de vitamine D est d’exposer sa peau au soleil à intervalles réguliers. Il y a eu beaucoup d'efforts faits pour éviter aux gens d’avoir trop de soleil, mais peut-être que cela n’a pas été équilibré. Les maladies cardiovasculaires tuent bien plus de personnes que le cancer de la peau » dit-il. « Ceci est particulièrement important dans les pays où la nourriture n'est pas enrichie en vitamine D », poursuit-il. Il prévient toutefois qu '« il est, bien sûr, toujours important d'éviter d’avoir un coup de soleil ».

 

C’est la position partagée par l’IFSS.