Bénéfices et risques des rayonnements UV : changer de point de vue.

 
 

Comparer les bénéfices et les risques : une autre vision du débat sur les UV

 

Sans soleil, il n'y aurait tout simplement pas de vie sur Terre et une bonne santé n'est pas possible sans exposition de notre peau au soleil.

La raison : les rayons du soleil - et en particlier les ultraviolets - vont pénétrer notre peau et transformer une molécule (le 7-dehydrocholestérol) en vitamine D, vitamine qui est extrêmement importante pour la santé.

Si on ne s'expose pas suffisament au soleil pour assurer un niveau suffisant de cette vitamine D (l'alimentation, même équilibrée, ne couvre que 10% de nos apports), les risques sont majeurs : le déficit en vitamine D est suspecté de multiplier le risque de fractures, de cancer, de sclérose en plaque, de diabète, d'infections, etc. Les données scientifiques explosent littéralement ces dernières années et il n'y a quasiment plus aucun scientifique qui conteste la fréquence du déficit en vitamine D et ses conséquences probables ou certaines sur la santé.

D'un autre côté, l'exposition excessive aux UV est un des facteurs de risque reconnus de cancer cutané, notamment le mélanome :

- Cheveux roux ou blonds / Phototype I
- Coups de soleil sévères dans l'enfance
- Taches de rousseur
- Nombre de naevus (grains de beauté) supérieur ou égal à 50

- Présence de naevus atypiques
- Hérédité (facteur probablement le plus important)
- ''Variant MC1R" (variant d'un gène associé à un risque accru de mélanome)
 

 Le soleil est donc un "aliment" indispensable pour la santé, mais il peut créer des domages si on en abuse, surtout si on est à risque.

 

 

 

Etat des lieux résumé des risques des trop fortes ou des trop faibles expositions aux UV

 
Organes et pathologies concernées de façon certaine ou probable par la sur-exposition aux rayonnements UV (mécanismes : lésions de l’ADN cellulaire, action physique des UV sur les tissus)
Organes et pathologies concernées de façon certaine ou probable par la sous-exposition aux rayonnements UV (mécanismes : déficit en vitamine D, action biologique des UV)
-        Peau

-        Coup de soleil

-        Cancers cutanés
-        Vieillssement cutané

 

-        Kératose solaire
-        Oeil
-        Atteintes cornéennes et rétiniennes (dégénérescence maculaire de la rétine, carcinome spinocellulaire de la cornée et de la conjonctive, mélanome de l’uvée, cataracte)
- Maladies du système nerveux
-        Sclérose en plaques, schizophrénie, maladie de Parkinson
-        Maladie d’Alzheimer, sclérose amyotrophique latérale
-        Autisme
- Maladies auto-immunes
-        Diabète de type 1
-        Sclérose en plaques
-        Polyarthrite rhumatoïde
-        Maladie de Crohn et troubles intestinaux
- Maladies cardio-métaboliques
-        Hypertension
-        Pathologies cardiovasculaires
-        Diabète de type 2
- Cancers
-        Cancer du sein, des ovaires, de l’utérus, de la prostate, de l’intestin, de l’estomac, de la vessie, du rein, lymphome non-hodgkinien et hodgkinien.
- Maladies osseuses
-        Rachitisme
-        Ostéoporose, ostéomalacie
-        Douleurs (muscles, squelette, rhumatismes, bas du dos)
- Autres maladies
-        Psoriasis
-        Syndrome des ovaires polykistiques
-        Caries
-        Infections
D’après (Gillie 2004, Holick 20042)
 

 

Pour l'IFSS, une position modérée existe, permettant une exposition solaire suffisante pour notre santé, sans entraîner de risque supplémentaire de mélanome

 
Ces données scientifiques montrent que le cas des UV mérite d'être traité comme toutes les autres problématiques médicales en pesant le pour et le contre d'une exposition modérée, et pas seulement, comme c'est souvent le cas, sous le seul angle du risque cutané, au risque d'entraîner une "phobie" solaire qui peut se payer par une augmentation du nombres de cancers et de maladies chroniques.
 
 

UV : entre nocivité et bénéfice, la juste dose

 
Le rayonnement UV solaire est indispensable à la santé (OMS 2006)3. Il semble que de nombreuses maladies soient engendrées ou aggravées par une sous-exposition chronique aux UV solaires (Grant 2009)5. Cependant, comme la plupart des éléments de notre environnement, son excès peut être nocif. Il importe donc de savoir profiter des bienfaits indispensables des UV, tout en évitant la surexposition.
 
En quantité raisonnable le rayonnement UV est bénéfique et indispensable à la synthèse de vitamine D (OMS Intersun 2011)4.
Les propriétés bénéfiques des UV ont même des applications médicales depuis longtemps : les UV servent à traiter plusieurs maladies, dont le rachitisme, le psoriasis, l’eczéma et l’ictère. Il s’agit alors de traitements effectués sous supervision médicale.
 
Loin de bannir l’exposition aux UV, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) publie même cette courbe théorique qui montre que le risque est minimum quand on s’expose de façon optimale aux UV. (OMS Intersun 2011)4.

 

 

Relations entre l'exposition aux UV et le risque de maladie
 
 
 
 
Cette courbe en "U" existe pour d'autres éléments de notre environnement. L'oxygène est indispensable à la vie, et il est potentiellement mortel d 'en manquer, mais l'oxygène est également toxique à trop forte concentration pour le poumon et le cerveau.

 

 



1. Grant W. In defense of the sun. An estimate of changes in mortality rates in the United States if mean serum 25-hydroxyvitamin D levels were raised to 45 ng/mL by solar ultraviolet-B irradiance. Dermato-Endocrinology 2009,1(4):207-14.
2. Holick MF. Sunlight and vitamin D for bone health and prevention of autoimmun diseases, cancers and cardiovascular diseases. Am J Clin Nutr 2004;80(Suppl):1678S-88S.
3. OMS 2006. Brochure Soleil et santé : Comment profiter du soleil en toute sécurité. World Health Organization 2006 WHO/SDE/PHE/06.02.
4. OMS : Effets du rayonnement UV sur la sante. http://www.who.int/uv/health/fr/ (juillet 2011).

5. Grant WB. In defense of the sun: An estimate of changes in mortality rates in the United States if mean serum 25-hydroxyvitamin D levels were raised to 45 ng/mL by solar ultraviolet-B irradiance. Dermatoendocrinol. 2009;1(4):207-14.