Une exposition aux UV indispensable

 
  

Outre les bénéfices sur notre moral, l’exposition au soleil est à l’origine de la synthèse de 90% de la vitamine D dans notre corps, facteur de bonne santé.

 
Les rayons solaires génèrent chaleur et lumière qui renforcent le sentiment général de bien-être et stimulent la circulation sanguine1 (OMS, 2011).
Par ailleurs, les études montrent que les personnes qui manquent de vitamine D pourraient être plus touchées par la dépression que les autres2 (Hoogendijk, 2008).

En dehors des effets positifs du rayonnement solaire sur la santé mentale et le sommeil (probablement liés aux endorphines et à l’action sur « l’horloge » biologique,…), les effets bénéfiques du rayonnement solaire sont essentiellement liés à la synthèse de vitamine D (plus exactement la synthèse de son précurseur) par la peau sous l’influence des UVB qui la pénètrent.

90 % à 100 % de notre stock en vitamine D provient de la synthèse de cette dernière par la peau sous l’effet du rayonnement UVB (Holick 2003)3.

Or la vitamine D est très importante pour notre maintien en bonne santé. Outre ses effets sur le bon fonctionnement des os et des muscles, elle pourrait agir sur les cellules du cerveau, de la prostate, du sein, du colon, du système immunitaire et avoir des effets sur la prévention de certains cancers.
Ceci pourrait être une des explications du plus grand nombre de cancers observé dans le nord de la France en comparaison avec les régions du sud : l’incidence des cancers est de 25% pour les femmes à 40% pour les hommes plus élevée dans le nord que dans le sud. La mortalité par cancer est également augmentée de 15 % pour les femmes à 30 % pour les hommes dans le nord par rapport au sud (Grant 2010)4.

Il n’y a pas que la situation géographique, la météorologie aurait également un impact sur le risque de cancer. Stajner et coll. ont démontré en 2009 qu’il y a une corrélation directe entre la météorologie et le cancer du sein. Des années plus nuageuses sont associées à un risque accru de cancer du sein. Ceci expliquerait les variations de l’incidence du cancer du sein selon les années. L’hypothèse serait que les nuages bloquent les UV et diminuent la synthèse de vitamine D, responsable d’un risque accru de cancer du sein (Stajner 2009)5.

Enfin, la liste des maladies qui pourraient être déclenchées ou aggravées par un déficit en vitamine D est impressionnante : ostéoporose, diabète (de type 1 et de type 2), maladies cardio-vasculaires, sclérose en plaques, lupus, polyarthrite rhumatoïde, tuberculose, grippe… (Courbebaisse 2010)6.
 
 

Lorsque l’exposition aux UV solaire est insuffisante, que les personnes présentent une peau foncée, qu’elles ont de l’obésité, certaines maladies ou qu’elles sont âgées, un risque de déficit en vitamine peut s’installer (Tsiaras 2011)7.

 
Le défaut d’exposition au UVB du soleil est la cause majeure de déficit en vitamine D.
Plusieurs autres facteurs contribuent également à un risque accru de carence en vitamine D, certaines personnes pouvant cumuler plusieurs de ces facteurs.

Obésité : les personnes en surpoids (IMC≥30 kg/m2) sont à risque élevé de carence en vitamine D car la graisse du corps séquestre la vitamine D. Ces personnes réagissent moins favorablement à une exposition aux UV ou à une prise de vitamine D : elles augmentent 2 fois moins leur taux sanguin de vitamine D par rapport à une personne de poids normal (Holick 2011)8, (Tsiaras 2011)7.

Sexe féminin : plusieurs études européennes ont montré que les femmes avaient des taux plus bas de vitamine D (25(OH)D) que les hommes. Peut-être en raison d’un taux de graisse corporelle plus élevé chez les femmes (WHO IARC 2008)9.

Peau foncée : les personnes ayant une peau naturellement foncée ont une protection naturelle contre les UV et requièrent au moins 3 à 5 fois plus de temps d’exposition pour produire la même quantité de vitamine D (Holick 2011)8.
Au niveau d’une population par exemple, les Afro-Américains ont 20 fois plus de risque d’être carencés en vitamine D que les caucasiens (Tsiaras 2011)7.
La plus faible capacité de production de vitamine D peut avoir de lourdes conséquences chez les personnes à peaux foncées vivant dans les pays de latitude élevée (Européens du nord) (WHO IARC 2008)9.

Médicaments : les personnes traitées par certains anticonvulsivants, corticoïdes, antiviraux sont à risque accru de carence en vitamine D car certains médicaments accélèrent son élimination (Holick 2011)8.

Grossesse/allaitement : les femmes enceintes sont à risque élevé de carence en vitamine D, qui peut entraîner des complications médicales. L’allaitement exige des apports accrus en vitamine D : pour que le lait de la mère puisse avoir assez de calcium et de vitamine D à donner à son enfant (Holick 2011)6.

Age : l’âge diminue la capacité de la peau à synthétiser de la vitamine D (Holick 2011)8.
Les personnes âgées, notamment celles qui s’exposent peu au soleil peuvent avoir de forte carences en vitamine D, entraînant notamment une faiblesse musculaire et un risque accru de chutes et de fractures (WHO IARC 2008)9.

Tabagisme : les fumeurs ont des taux plus bas de vitamine D. Ce taux bas de vitamine D associé à une diminution de l’absorption intestinale de calcium pourrait expliquer la plus forte prévalence de l’ostéoporose chez les fumeurs (WHO IARC 2008)9.

Port de vêtements couvrants : le port de vêtements couvrants est associé à une grande fréquence de déficit en vitamine D. Ceci a été démontré par une étude française menée en région Lyonnaise de novembre 2005 à mars 2006, qui a retrouvé 99% de cas d’insuffisance vitaminique D (taux ≤ 75 nmol/L) chez les femmes jeunes portant de vêtement couvrants. On observe donc une situation endémique inquiétante de carence chez des femmes jeunes, habituellement en bonne santé et en âge de procréer (Belaid 2008)10.

D’une façon générale l’excès de protection solaire peut entraîner une carence en vitamine D.
 

 

UV et vitamine D, tout est question d’équilibre.

 

Il est donc démontré que le soleil est indispensable à la vie et présente de nombreux atouts pour notre santé, dans la prévention de cancers et de diverses maladies chroniques. On sait également qu’une exposition excessive peut entraîner des effets néfastes sur l’oeil ou la peau, notamment le mélanome (afssaps, 2005)11. Dans les 2 cas, les rayonnements UV sont en cause : ils provoquent la synthèse de vitamine D indispensable à notre santé, mais peuvent, à forte dose, endommager l’ADN cellulaire.

 

 

 


 

1.  OMS. Les effets connus des UV pour la santé. http://www.who.int/uv/faq/uvhealtfac/fr/index1.html. Juillet 2011.
2. Hoogendijk WJG et al. Depression is associated with decreased 25-hydroxyvitamin D and increased parathyroid hormone levels in older adults. Arch Gen Psychiatry 2008;65:508-12.
3. Holick F. Vitamin D: a millenium perspective. J Cell Biochem 2003;88:296-307.
4. Grant WB. An ecological study of cancer incidence and mortality rates in France with respect to latitude, an index for vitamin D production. Dermatoendocrinol. 2010 Apr;2(2):62-7.
5. Stajner I. Cloudiness and breast cancer. J Cancer Sci Ther 2009;1(1):034-040.
6. Courbebaisse M, Souberbielle JC, Prié D, Thervet E. Effets non osseux de la vitamine D. Med Sci (Paris). 2010 Apr;26(4):417-21.
7. Tsiaras W, Weinstock M. Factors Influencing Vitamin D Status. Acta Derm Venereol 2011; 91: 115–124.
8. Holick MF et al. Evaluation, treatment and prevention of vitamin d deficiency : an endocrine society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab 2001;96(7):1911-30.
9. World Health Organization, International Agency For Research On  Cancer. Vitamine D and cancer. IARC Working Group Report Volume 5, 2008.